Bonjour bonjour,
J’espère que vous allez bien et que vous avez passé un bel été ! Qui dit rentré dit retour à la routine, et quand on pense à la routine, on pense immanquablement à l’infolettre Ces temps-ci de Monsieur Plam, livrée tous les mercredis matin dans votre boite courriels. C’est donc dire que, à l’instar des gens qui sont payés pour le faire, je ressaute cette année encore dans le cirque continuel de l’actualité afin de rajouter mon grain de sable aux dunes de l’internet.
Changements au site web et aux infolettres
Je ne sais pas pour vous, mais je n’ai personnellement pas chômé cet été. Et je ne fais pas juste référence ici à mon vrai boulot qui me maintient dans la fameuse « population active ». J’ai également réfléchi au devenir de la marque (non déposée) Monsieur Plam, et à plusieurs améliorations (ou tout simplement des changements) au site web et aux infolettres.
Alerte au changement de nom !
Désormais, le site internet/ blog sera nommé L’Ostrogoth. J’ai passé une bonne partie de l’été à chercher un nom de média qui fait semi-sérieux dû à la direction satirique que j’essaie de faire prendre au contenu. Au pays des anglo-saxons, il y a bien sûr The Beaverton (Canada) et The Onion (États-Unis), et en France il y a Le Canard enchaîné et Charlie Hebdo. Voulant distinguer mon nom de plume (Monsieur Plam) du projet sur lequel je travaille, je me suis lancé à la recherche d’un nom convenable.
En lisant le très bon essai La société de provocation de Dahlia Namian, je suis tombé sur un passage intéressant qui va comme suit :
« Le premier ministre Justin Trudeau lui-même s’est dit “extrêmement frustré” par ces “Ostrogoths en vacances”, une expression de mépris qui n’était pas sans évoquer les coups de gueule de son père. Le fils Trudeau paraissait davantage démoralisé par le mauvais goût de ces jeunes barbares que par leur mépris des règles sanitaires ». (p.94-95)
L’autrice énumère ensuite les nombreuses péripéties de voyages de notre ancien souverain (son voyage à Tofino pendant la première Journée nationale de la vérité et de la réconciliation et son voyage chez son richissime ami guide spirituel, l’Aga Khan), avant de conclure sur cette formule visant à souligner un antagonisme de classe :
« Le premier ministre s’est alors trouvé dans l’embarras, mais personne n’a songé à le qualifier de barbare. La déliquescence du sénateur romain est un art de la chute qui s’exécute dans le faste et le raffinement, tandis que les débordements des “Ostrogoths” sont avilissants et ridicules. Ainsi l’exige l’ordre du monde. Du moins tel qu’on est invité à se le représenter ». (p.98)
Le nouveau nom est donc une référence à la façon que les riches et puissants peuvent percevoir la plèbe que nous sommes, nous, les ni riches ni puissants, le tout avec un ton moqueur.
Et ça vient aussi avec une nouvelle identité visuelle pas pire du tout, que j’ai moi-même gossé dans le logiciel d’édition graphique Gimp.
Nouvelle section Oyez, oyez !
Celle-là n’est pas trop compliquée. Je crée seulement une rubrique supplémentaire sur mon site web afin de vous faire parvenir des messages d’intérêt général sur les activités de L’Ostrogoth. Que ce soit un message de rentrée comme celui-ci ou encore l’annonce d’un nouveau collaborateur (envoyez vos CV !), tous les textes plates de cette nature seront publiés dans cette rubrique.
Nouveau format (encore non testé) pour Ces temps-ci.
Véritable pierre angulaire de L’Ostrogoth, l’infolettre Ces temps-ci fait peau neuve. La saison passée, il s’agissait essentiellement d’une curation des nouvelles politiques de la semaine digne d’intérêt pour quiconque ayant 10 minutes de son temps pour faire un tour d’horizon complet de l’actualité le samedi matin. Trois nouvelles québecoises, trois nouvelles canadiennes et quatre nouvelles internationales (plus un ramassis d’autres nouvelles en bref), le tout commenté pour vous indiquer que penser de tout ça (blague).
Mais voilà, je passais la plupart du temps que je consacre à cette infolettre à la mettre en page, et le fait que je commentais en profondeur plusieurs articles demandais une pas pire charge de travail et de recherche (parce que tssé, je ne veux pas écrire n’importe quoi).
Maintenant, il s’agira en premier lieu d’un édito entre 500 et 1000 mots sur un élément de l’actualité, suivi d’une revue de presse abrégée, générée (presque) automatiquement par le logiciel de gestion de références Zotero (en tout cas, je travaille là-dessus). En gros, ça va générer une bibliographie à partir des liens que j’aurai sélectionnés au cours de la semaine, et je pourrai commenter cette bibliographie brièvement.
J’espère que ça amenuisera la charge de travail et que ça me permettra de passer plus de temps à écrire, ce qui est plus amusant que de mettre des titres en gras et de mettre des citations en retrait.
Une migration possible à venir
Il va sans dire que je suis également en réflexion continue en ce qui a trait à la plateforme sur laquelle est hébergé mon site web : Substack. Comme vous n'en avez probablement pas entendu parler (puisque je pense que ça fait surtout bien du bruit dans la communauté des gens qui gèrent des infolettres), l’entreprise états-unienne a pris la fameuse habitude d’héberger et de générer du profit avec des créateurs et du contenu nazi (oups !).
Et ce n’est pas une façon de parler ; ce sont des vrais de vrais nazis qui s’identifient comme tel.
Il ne manque pas d’articles en ligne documentant le phénomène, mais le plus évocateur est certainement le « Substack Has a Nazi Problem » de The Atlantic. En gros, des nazis écrivent des infolettres comme la mienne sur Substack, génèrent parfois des profits, et la plateforme prend sa part des revenus d’abonnement (10%). Parce que oui, il y a l’option de monétiser son infolettre.
Comme toutes les plateformes technologiques ne voulant pas modérer les contenus, Substack se défend en disant qu’ils fournissent une plateforme et ne sont pas responsables de ce qui y circule. C’est déjà un peu tiré par les cheveux pris comme tel, mais en plus, Substack opère des fils de suggestions algorithmés qui proposent du contenu aux internautes… dont du contenu nazi. Certaines personnes ont même reçu des notifications les invitant à aller lire du contenu nazi, rapportait Ars Technica.
C’est bien beau les arguments boiteux des plateformes en ligne qui se déresponsabilisent du contenu qui circulent sur leurs produits, mais du moment où des fils de suggestions, régis par des algorithmes ou non, sont intégrés, l’entreprise ne peut plus clamer son innocence : elle fait des choix éditoriaux.
Elle n’est pas neutre ni passive, que ses décisions soient automatisées ou non.
De mon côté, j’ai également été exposé à du contenu nazi sur l’application Substack (que je fréquente très peu d’ailleurs).
Il y a une semaine ou deux, j’ouvre l’application pour vérifier certaines choses liées à L’Ostrogoth, et je tombe sur une publication xénophobe (en anglais), la première qui m’est suggérée sur mon fil (que je ne partagerai pas ici pour ne pas propager davantage ces discours de haine).
Ayant entendu parler du problème de nazis de la plateforme, je suis allé voir la page de l’auteur. Quelle ne fut pas ma surprise de le voir s’identifier comme un « jeune fasciste sensible » qui ne cherche rien d’autre que « l’anéantissement total de ses ennemies », et de se qualifier comme le « mégaphone d'Hitler ». Chic type.
Je l’ai évidemment signalé à Substack, et en date du mardi 2 septembre, le compte était toujours actif (la référence à Hitler en moins).
Pour cette raison et bien d’autres, des créateurs (dont mon guide spirituel Olivier Niquet) ont quitté la plateforme pour d’autres cieux, tandis que d’autres, comme Margaret Atwood, font pression sur les gestionnaires de l’entreprise pour qu’ils revoient leurs pratiques.
Mais voilà, Substack est l’une des seules plateformes d’infolettres efficaces et gratuites, et puisque je ne fais pas une cenne avec L’Ostrogoth, je suis réticent à me tourner vers des options payantes.
À suivre…
Sur cette note grave, je vous souhaite à toutes et à tous une bonne rentrée !
Au plaisir de vous compter parmi mes lecteurs,
Monsieur Plam



